LES PEINTURES MURALES

Les peintures murales du prieuré de la Grange datent du XIIIe siècle et ont été recouvertes par celles du XIVe. Elles retracent sur le chevet plat l’enfance, la passion du Christ et la vie de la Vierge et sur les autres parois celle des premiers saints de l’église telle que la relate la “Légende dorée” de Jacques de Voragine. Elles constituent un ensemble unique par sa densité (90 scènes, plus de 400 personnages traitées à la manière d’une bande dessinée) rare pour cette période.

Mme Michèle Gaborit spécialiste en histoire de l’art médiéval les a étudiées dans le cadre de ses recherches sur les peintures murales d’Aquitaine.
Une première étude commandée en 1995 par l’Inspection des Monuments Historiques à la Direction Régionale des affaires culturelles (DRAC), avait été réalisée par l’atelier Christian et Françoise Morin. En 2016, une analyse comparative de leur état sanitaire a été effectuée à la demande de la D.R.A.C dont le diagnostic, en attente, permettra d’établir un plan de sauvegarde.

 

Il convient de distinguer la technique de la fresque de celle de la peinture murale.

LA FRESQUE

Le mot fresque vient de l’Italien fresco: frais, technique qui consiste à employer des couleurs à l’eau sur l’enduit frais d’un mur. Ce procédé est simple mais très difficile d’exécution. Les couleurs sont absorbées par l’enduit et n’ont pas besoin d’un agglutinant comme les autres techniques de peinture. Il exige beaucoup de soin dans les travaux préparatoires, une grande assurance en même temps qu’une grande dextérité dans l’exécution. Le peintre doit préparer, minutieusement, des calques divisés en morceaux que l’artiste doit pouvoir terminer en une journée, soit le temps où l’enduit reste frais. Il est difficile de prévoir l’intensité des tons lorsqu’ils seront secs. La gamme de couleurs utilisables est limitée; ce sont des oxydes de fer aptes à se combiner avec l’enduit qui est un mélange de chaux éteinte et de sable fin.

LA PEINTURE MURALE

La peinture murale est une peinture à la détrempe ou tempera, mode de peinture existant dans l’Antiquité, qui emploie les couleurs détrempées, c’est à dire dans de l’eau mêlée de colle (de peau de lapin souvent ou de gomme, dont le liant est une émulsion N.D.L.R.); on l’appelle aussi peinture à la colle: ses couleurs ne se détérioreront pas.

(Extrait de l’ouvrage de dom Melchior de Vogüe et dom Jean Neuville, o.s.b.: Glossaire des termes techniques, 4° édition, 1989).