LE PRIEURÉ ET TROIS GRANDS PERSONNAGES DE SON HISTOIRE

Norbert de Xanten et l’ordre des prémontrés :

C’est Norbert de Xanten (vers 1080-1134), riche seigneur, issu de la noblesse du Saint Empire Romain Germanique, converti, devenu prédicateur itinérant menant une grande vie d’austérité, qui le fonde au XIe siècle. Ordre de chanoines réguliers, vivant sous la règle de Saint Augustin, ils font vœu de pauvreté, chasteté et obéissance, mènent une vie de prière individuelle et communautaire et assument la charge pastorale d’âmes: évangélisation, dessertes paroissiales, missions sociales et caritatives. A la différence des moines qui vivent retirés du monde, leur règle leur permet de sortir des murs. Ils se différencient des chanoines séculiers, qui eux, sont des prêtres diocésains nommés par l’évêque.

 

 

 

 

Henri de Navarre, futur roi Henri IV :

Entre 1576 et 1587 le prince Henri a établi sa cour à Nérac. Le domaine d’Albret qui s’étendait au delà de Durance, était son terrain de chasse privilégié. Il existe encore au cœur du village son ancien relais de chasse, construction assez imposante appelée « château » avec galerie au rez-de-chaussée qui a pu être édifiée sur les bases d’une construction plus ancienne. Lorsqu’il se livrait à cette passion pour la chasse il n’était pas rare que, bien que huguenot, il séjourne plusieurs jours durant au milieu des chanoines dont il appréciait la compagnie et le bon vin.

 

 

 

 

 

 

L’abbé Dardy :

Après la révolution la Grange est pillée, incendiée en 1793. L’église sert de décharge, d’écurie, d’étable et tombe en ruines. La municipalité en devient propriétaire et envisage, sans y donner suite, de la démolir. Devenue presbytère après le Concordat de 1801, quinze prêtres s’y succèderont jusqu’à son achat par l’abbé Dardy en 1858 qui obtient la cure de Durance. Aidé de Joseph Villiet maître-verrier renommé de Bordeaux, il restaure les vitraux, étudie minutieusement les peintures murales. La chapelle est rendue au culte en 1859. Le corps de logis accueille un orphelinat de garçons analphabètes, l’abbé Dardy reprenant ainsi, à son tour, la fonction éducative des prémontrés.
Il aura consacré plus de trente ans aux travaux de rénovation. Il décède en 1901 peu avant sa retraite. Il repose, avec sa mère, dans le sol de la nef de l’église auprès de chanoines et prieurs prémontrés.
Historien et archéologue, l’abbé Dardy était aussi, poète, conteur, collecteur de contes, de proverbes etc… On peut lire sur notre site le très long mais beau poème qu’il a consacré aux vicissitudes de la Grange.